Debbie aime raconter ses débuts difficiles. Il lui a fallu cinq ans pour trouver un éditeur prêt à la publier. Dyslexique, mère de quatre jeunes enfants, elle écrit ses premiers romans dans sa cuisine, sur une machine à écrire de location. Mais sa détermination finit par payer. Son premier manuscrit, édité par Silhouette en 1982, devient le premier roman sentimental jamais paru dans le classement du Publishers Weekly. Très vite, le succès de ses romans dépasse ses rêves les plus fous.
Les romans de Debbie Macomber sont chaleureux et émouvants. Vifs, alertes et profonds, ils parlent d’amitié et de destinées féminines vécues dans une solidarité et une complicité généreuses. En décrivant sa propre expérience ainsi que celle de sa famille et de ses proches, elle montre un talent incomparable pour parler des femmes et de leurs émotions, de leurs problèmes et de leurs attentes, le tout avec humour et légèreté.
Lorsqu’elle n’écrit pas, Debbie se consacre au tricot, sa passion, et à des oeuvres de bienfaisance. Elle et son mari, Wayne, sont parents de quatre enfants et ont neuf petits-enfants. Ils vivent dans l’Etat de Washington, sauf durant l’hiver où ils partent s’installer en Floride.
SUR LE METIER D’ECRIVAIN?
Comment avez-vous débuté en tant qu’écrivain ?
Oh, c’est presque une histoire à faire pleurer dans les chaumières, vous savez ! J’étais jeune maman, avec quatre enfants très actifs, sans aucune expérience professionnelle en tant qu’écrivain, et avec tout juste un diplôme de fin d’études secondaires en poche, mais je tenais vraiment à écrire. Jusqu’à ce qu’un jour, je décide enfin de louer une machine à écrire et de commencer. J’écrivais lorsque mon mari était au travail et les enfants soit à l’école, soit à la sieste. Pour les repas, nous enlevions la machine à écrire de la table de la cuisine.
Avez-vous aussitôt eu du succès ?
Oh non ! J’ai écrit quatre romans en cinq ans avant de vendre le premier. J’envoyais mes manuscrits aux éditeurs, et ils étaient systématiquement refusés. Parfois même si vite que j’avais l’impression qu’ils me les renvoyaient directement, comme un boomerang ! Ce n’est qu’au bout de cinq ans que j’ai vendu le tout premier.
Depuis vous en avez écrit plus d’une centaine ! Quelle est votre technique ?
Je suis très structurée, car c’est ce qui me réussit le mieux. Je ne travaille plus chez moi, mais dans un bureau où j’arrive chaque jour entre 7h30 et 7h45. Je me fixe un quota quotidien de pages à écrire et je m’y tiens. Cela me prend habituellement jusqu’à environ 4 heures de l’après-midi, parfois moins.
Vous avez créé votre propre site web, www.debbiemacomber.com. Pourquoi ?
Pour que mes lecteurs puissent me retrouver ! Il est très complet, avec des extraits de quelques-uns de mes romans, ma bibliographie, des avis de lecteurs, des détails biographiques, un forum questions/réponses, des recettes de cuisine aussi, ainsi que des concours mensuels et même une page rédigée par ma mère. J’encourage les visiteurs du site à signer le livre d’or des invités, et s’ils s’inscrivent, je leur envoie des courriels, ainsi que ma lettre d’information annuelle, dans leur véritable boîte aux lettres, cette fois. Je leur poste aussi des stickers et des marque-pages.
SUR UN PRINTEMPS A BLOSSOM STREET?
D’où vous est venue l’inspiration pour ce roman ?
Cette histoire, j’y songeais depuis un certain temps déjà avant de commencer à l’écrire. Je suis une tricoteuse assidue et j’ai toujours eu beaucoup d’amies adeptes du tricot ou du crochet. Nous avions l’habitude de nous retrouver pour travailler à nos ouvrages tout en bavardant, échangeant nos pensées, nos espoirs et nos rêves. Une manière typiquement féminine de nouer des liens, héritée de nos aïeules. Ce qui me plaisait, c’était qu’une intrigue développée autour d’un tel groupe, en l’occurrence des femmes réunies par des cours de tricot, offrait un éventail très vaste de possibilités.
Ces héroïnes sont-elles inspirées de personnes que vous connaissez ?
Tout à fait. Lydia, la propriétaire de la mercerie, m’a été inspirée par mon amie Laura, qui est passée maître dans l’art du tricot. Je tricote pour ma part depuis l’âge de dix ans, mais je soumets toujours mes ouvrages à Laura, qui les évalue d’un œil critique mais bienveillant. Alix, qui est le personnage que je préfère dans le roman, me rappelle une jeune femme tourmentée que j’ai connue et dont j’ai été le mentor. Serena, la « véritable » Alix, fait désormais partie de l’U.S. Army, et j’en suis très fière. Quant à Carol, elle m’a vaguement été inspirée par la fille d’une autre amie qui a connu l’angoisse et les désillusions des traitements contre l’infertilité.
Il est clair que ce roman vous vient droit du cœur. Qu’espérez-vous que vos lectrices en retireront ?
Eh bien, en tout premier lieu, évidemment, j’espère qu’elles en apprécieront l’intrigue. Et au-delà de ça, qu’elles en retiendront la juste valeur de la vie, ainsi que l’importance de l’amitié et des liens que développent les femmes entre elles. Je me suis servie de la boutique, Au fil des jours, et du jeu de mots que j’espère évocateur, pour mettre en relation quatre femmes très différentes les unes des autres. Au fur et à mesure qu’elles apprennent à se connaître et deviennent amies, chacune apprend quelque chose de nouveau sur elle-même et, à la fin, ne s’en trouve que mieux. C’est cette affirmation des merveilleuses opportunités qu’offre la vie que je souhaite faire partager à mes lectrices.