Régulièrement classée parmi les meilleures ventes du New York Times, Erica Spindler possède l’une de ces plumes rares, élégantes et nerveuses, capables de recréer en quelques mots une ambiance, une époque, et des personnages aux motivations secrètes et puissantes. Elle place au cœur de son œuvre sa fascination pour la richesse et la complexité de l’âme humaine.
Quand on lui demande à quoi elle doit sa vocation, Erica Spindler aime à raconter qu’elle la doit « à un rhume attrapé un été, un rhume qui a changé [sa] vie ». Erica se destinait en effet à une carrière artistique, et avait d’ailleurs décroché une Maîtrise aux Beaux Arts. Jusqu’à ce fameux jour de juin 1982 où, alors qu’elle payait Kleenex et cachets d’aspirine achetés au drugstore, elle se vit offrir par la caissière un exemplaire gratuit d’un roman Harlequin.
Condamnée à rester au chaud chez elle pour se soigner, Erica se plonge dans la lecture du roman et le lit d’une traite, captivée. C’est le déclic : passionnée par le roman d’amour, elle en découvre avec délices la richesse et la diversité en tant que lectrice d’abord, jusqu’à ce que germe en elle l’envie d’écrire à son tour son roman. Et, à l’instant même où elle noircit ses premières pages, Erica sait, avec une absolue certitude, qu’elle vient de trouver sa vraie vocation. Elle écrit alors pendant plus de dix ans des romans sentimentaux jusqu’à ce qu’en 1996, elle découvre son registre de prédilection : le suspense.
Erica vit aujourd’hui en Louisiane avec son mari - un publicitaire qu’elle décrit volontiers comme un bel homme, drôle et provocateur - et leurs deux fils. A l’instar de sa vocation, sa rencontre avec La Nouvelle-Orléans ressemble à un heureux hasard. Le couple y était venu pour la première fois alors qu’ils étaient encore étudiants (ils se connaissent depuis l’université), pour voir une exposition sur Toutankhamon au musée d’Art de la ville. Devant la file d’attente (plusieurs heures au soleil), ils ont décidé de renoncer à l’expo pour visiter la ville et en sont tombés fous amoureux.
Les romans d’Erica Spindler, aujourd’hui publiés en France dans les collections Best-sellers, Jade et Mira, sont régulièrement classés parmi les meilleures ventes du New York Times, de USA Today et de Livre Hebdo.
SUR LA LECTURE ET L’ECRITURE?
Qu’aimez-vous le plus dans le fait d’être écrivain ?
J’aime profondément ce que je fais. Sans quitter ma table de travail, je fais la connaissance de gens passionnants, je découvre de nouveaux endroits, je fais l’amour, je tombe amoureuse, je fais triompher la justice. Quel autre métier me permettrait de vivre tout ça ?
Qu’est-ce qui vous déplaît dans votre travail ?
La solitude du métier d’écrivain.
Avez-vous un lieu de prédilection pour vos intrigues ?
Sans hésiter : La Nouvelle-Orléans. Non seulement parce que je connais bien cette ville fascinante, mais aussi parce que je l’aime. Elle est d’une richesse culturelle, ethnique et humaine, extraordinaire. La ville est à elle seule un laboratoire de contrastes : l’ancien et le nouveau, la laideur et la beauté, la richesse et la pauvreté, s’y côtoient, et font de la ville ce lieu unique que j’adore.
De tous vos livres, quel est celui que vous préférez ?
Le dernier est toujours mon chouchou... En fait, chacun de mes livres occupe une place à part dans mon cœur, soit parce qu’il est associé à un personnage que je trouve particulièrement attirant, abouti, soit parce qu’il parle d’une relation qui me touche d’une façon particulière, ou encore pour sa construction, comme quand on a réussi à reconstituer un puzzle compliqué.
Vos cinq auteurs de chevet ?
Peter Straub, Stephen King, Sidney Sheldon, Judith Krantz et Kathryn Harvey.
Quel conseil donneriez- vous à un écrivain en herbe?
Ecrivez ce que vous aimez lire, pas ce qui vous semble se vendre.
SUR L’AMOUR
Le plat romantique par excellence, selon vous ?
Le chocolat, encore le chocolat, toujours le chocolat.
Votre film d’amour préféré ?
Dead Again, le thriller de Kenneth Brannagh, avec Emma Thompson, et Un poisson nommé Wanda (je sais, je suis un peu bizarre).
Quel est le cadeau le plus romantique que vous ayez jamais reçu ?
C’était il y a des années, alors que je faisais mes classes en tant qu’écrivain. Un éditeur avait rejeté un manuscrit que je lui avais soumis, et c’était affreux, je me sentais anéantie. Au moment de me coucher ce soir là, une surprise m’attendait... Une petite boîte à bijoux sous mon oreiller, qui contenait une belle paire de boucles d’oreilles en or, accompagné de ce petit mot : « Je crois en toi ». J’ai su à ce moment que j’avais épousé l’homme le plus merveilleux de la terre.
Comment entretenez-vous la passion dans votre couple ?
Mon mari et moi sommes tellement pris par nos carrières et par les enfants qu’il nous faut vraiment être vigilants. Rester constamment attentif à l’autre est pour nous essentiel : écouter l’autre, se raconter les petits événements de la journée et partager nos rêves.
Quel est le voyage le plus romantique que vous ayez fait ?
C’était à Noël, avant la naissance de notre premier enfant. Nous avons séjourné au Grand Hotel sur Mobile Bay, en Alabama. L’hôtel qui datait d’avant la guerre de Sécession était décoré de façon somptueuse, les jardins étaient parsemés de guirlandes lumineuses. Nous étions seuls au monde... Et c’était parfaitement romantique.
TOUT, TOUT, TOUT SUR ... MOI
Quel autre talent auriez-vous aimé avoir ?
J’aurais adoré être décoratrice d’intérieur, savoir recevoir avec originalité, élégance, naturel.
Qui admirez-vous, et pourquoi ?
Ma grand mère maternelle. Plutôt que de se soumettre à un mariage arrangé avec un homme beaucoup plus âgé qu’elle, et qu’elle n’aimait pas, elle s’est enfuie en Amérique. Je ne peux même pas imaginer le cran qu’il lui a fallu pour tout quitter et partir dans un pays dont la langue lui était totalement inconnue.
Avez-vous un porte-bonheur ou une superstition ?
Aucun.
Confiez-nous votre péché mignon ?
Le café moka que je déguste tous les jours dans mon coffee shop préféré.
Quelle est la qualité que vous préférez chez un homme ?
L’honnêteté et la loyauté, à égalité...
Quelle est la chose que vous avez toujours voulu faire sans jamais avoir osé ?
La chirurgie esthétique.
Si vous n’aviez pas été écrivain, qu’auriez-vous aimé être ?
Une artiste. C’était ma première vocation.
Quelle est votre maxime? De qui la tenez-vous ?
« L’honnêteté est la meilleure des lois. » C’est ma mère qui me l’a apprise.