INTERVIEW Un jour, un auteur

Un jour, un auteur...Isabelle Castelli

6 juillet 2016

Chaque semaine, découvrez un auteur HQN au travers d'une interview où tout (ou presque) vous sera dévoilé !


I - VOUS

Parlez-nous de vous. Qui êtes-vous, quel est votre premier métier, votre parcours, votre lieu de vie,  etc. ?

Je suis née à Paris, il y a 40 ans. Rapidement, ma famille s’est installée en banlieue, dans une ancienne usine de sac en plastiques reconvertie en maisonsindividuelles que nous partagions avec la famille du frère de mon père. Dans ce cadre atypique, collectif et joyeux se sont déroulées mon enfance, mon adolescence et les premières années de ma vie adulte. Mes études m’ont amené à vivre une année en Angleterre. À mon retour, j’ai passé les concours d’enseignement et j’ai travaillé trois ans comme prof d’anglais dans le 93. J’en garde un très bon souvenir. Je supportais très mal, par contre, les difficultés de circulation et les heures que je passais dans les embouteillages entre mon appartement et mon lieu de travail, qui se situaient pourtant dans le même département. Quand l’opportunité s’est présentée de partir au vert, je l’ai saisie au vol. Je suis en Auvergne depuis 15 ans et ma vie s’organise autour d’allers retours fréquents entre cette région, Paris et d’autres parties du monde.

Quelles sont vos passions en dehors de l’écriture ?

« Passion » est un mot fort, j’utiliserais plutôt le terme d’activités privilégiées. J’aime beaucoup le cinéma, les techniques narratives qui lui sont propres, la photographie et, d’une manière générale, toute forme d’expression par l’image. J’écoute beaucoup de musique, du Rap notamment, mais pas seulement. Je ressens un besoin fort de voyager régulièrement et j’aime retourner plusieurs fois dans les lieux qui m’ont marquée. La lecture a été longtemps une activité que j’appréciais mais depuis que j’écris, j’ai plus de mal à lire. Quand je le fais, c’est en anglais. Dans le monde anglo-saxon, le rapport au langage est différent, j’oublie alors les mots, le style et me plonge plus facilement dans les histoires.

II - VOTRE ACTIVITÉ

■ Depuis combien de temps écrivez-vous ?

Comme la plupart des auteurs, j’imagine, j’ai envie de dire depuis toujours : sur des feuilles volantes, des journaux intimes, des cahiers, des bouts de papier, aujourd’hui sur mon ordinateur ou mon téléphone. Mais bon, il y a écrire et écrire. L’envie de raconter des histoires est née à la fin de mes études. J’en ai rédigé deux dans ma vingtième année.Elles ont confirmé une maîtrise que j’avais des mots mais elles m’ont aussi révélé qu’écrire est bien plus compliqué que d’enfiler des phrases. Il y a la forme et le fond. J’étais jeune, j’avais peut-être du style (m’appartenait-il seulement ?), mais, il faut bien le reconnaître, je n’avais pas grand chose à dire. L’acquisition d’un fond a été plus long à acquérir. Ce n’est qu’après mes 35 ans qu’une matière a commencé à émerger. Mon expérience de la vie était, peut-être, alors suffisante pour que je tente d’en dire quelque chose. 

■ Quel est votre genre littéraire de prédilection ? Envisagez-vous d’en essayer d’autres ?

Les histoires que j’ai pu rédiger avaient toutes un style et un genre différents mais un point commun les reliait : elles parlaient toutes d’amour. Il y a mille manières de parler de cela. Mon premier roman peut s’apparenter à une romance même si elle n’a rien de classique. Je m’essaye dans le suivant au thriller, plus ou moins, érotique. Le troisième sera peut-être une fable philosophique, qui sait ? Je ne me pose aucune limite de genre, je sais juste qu’il est peu probable que je passe deux fois au même endroit et que chacun de mes romans sera singulier. 

■ Combien de temps consacrez-vous à l’écriture dans la journée ? Des moments privilégiés ?

Je n’écris pas quotidiennement, mes vies familiale et professionnelle ne me le permettent pas. J’écris par à-coups, par périodes, si possible loin de tout ce qui m’est familier, et alors j’écris plusieurs heures par jour, 4 ou 5 s’il le faut, de préférence le matin, au saut du lit, dans l’entre deux du sommeil et de l’éveil. J’adore commencer ainsi mes journées mais c’est un luxe que je ne peux m’offrir que deux ou trois fois par an. 

■ Avez-vous une méthode particulière pour écrire un livre ? Avez-vous des ficelles, des trucs, des manies, des objets fétiches, etc. ?

Le temps d’écriture à proprement parler est assez limité, il ne représente peut-être qu’un tiers du temps que je consacre à l’histoire. Avant d’écrire, j’ai besoin de penser l’histoire qui va se raconter, la porter en moi, vivre avec les personnages, les imaginer, les écouter parler et se parler. Une fois que la possibilité d’écrire arrive, un tri naturel s’effectue. Peu de ce que j’ai imaginé ou pensé va être écrit, seul l’essentiel reste et ça va très vite. Mais j’ai absolument besoin de ce temps préalable de maturation : être dans l’histoire, la quitter et y revenir avant d’écrire.

■ Que préférez-vous dans votre activité d’auteur ? Avant, pendant, après l’écriture ? D’autres moments ?

Chaque moment a son charme et son lot de plaisirs. Au début, quand l’idée surgit, tout est possible et c’est assez grisant. Les premières pages sont essentielles, elles vont imposer le style de narration. Bizarrement c’est souvent celles que j’écris le plus facilement, d’une traite. J’aime aussi le moment où l’histoire est engagée, où j’en ai rédigé plus de la moitié, car alors les personnages existent par eux-mêmes, leur caractère, leurs traits distinctifs s’imposent et je n’ai plus qu’à les écouter, à me laisser porter. C’est un moment presque magique où j’ai la sensation d’être l’agent de quelque chose qui m’échappe en partie. Le point final est également un moment important, de relâchement. L’histoire existe, il n’y a plus qu’à la peaufiner, à la valoriser. Souvent alors je m’en éloigne, je l’oublie, pour y revenir avec un regard neuf. Les retours des lecteurs sont aussi un moment fort. La sensation d’avoir réussi à partager, exprimer, donner à voir quelque chose qui vivait en moiest gratifiante.

Envisagez-vous l’écriture comme une activité professionnelle à temps plein ?

Dans l’idéal, oui bien sûr, j’aimerais passer mon temps à écrire pour toutes les raisons que j’ai évoquées précédemment, tout le plaisir que cette activité procure. Mais il y a un revers à chaque médaille et cette activité me semble aussi un peu dangereuse. D’abord parce qu’elle est solitaire : on se coupe inévitablement du monde et de ceux qui nous entourent pour se plonger dans un univers psychique peuplé de chimères. Je vis tellement intensément mes histoires que j’aurais peur de m’y perdre et de sombrer, peut-être, dans une certaine folie. Ensuite, j’aime beaucoup mon activité d’enseignante pour les mêmes raisons. Les élèves sont tellement réels, tellement là, ils me lestent et me maintiennent les pieds sur terre plutôt que la tête dans les étoiles. Au final, ces deux activités se complètent bien, et je souhaite, autant que possible, maintenir cet équilibre.

■ Dans votre bibliographie, quel livre préférez-vous et pourquoi ?

N’ayant publié qu’un roman à ce jour, le choix n’est pas difficile. Mais j’ai un lien particulier avec Hip Hop Love, justement parce qu’il est le premier. Il a fallu que je le porte jusqu’au bout, que j’y croie, il m’a poussé à me dépasser. Il est aussi né à une période particulière de ma vie qui par définition est passée et ne reviendra pas mais à laquelle je suis très attachée. J’ai traversé aussi avec lui toutes les affres de la quête éditoriale et ce ne sera pas le cas avec les suivants.

Racontez-nous l’aventure de votre première édition et comment s’est-elle passée ?

Une fois l’histoire finie, je l’ai faite lire à une demi-dizaine d’amis et lecteurs / lectrices, d’âges et d’horizons variés. Quand il m’est revenu qu’à leurs yeux il tenait la route, je me suis lancée assez naïvement dans les envois classiques aux grosses maisons d’édition. Sans succès. J’ai envisagé un moment l’auto-édition mais elle réclamait une polyvalence que je n’ai pas. Je me suis tournée vers l’édition à compte d’auteur partiel mais je n’avais pas l’argent nécessaire et je n’étais pas satisfaite par le contrat qu’ils me proposaient. Je me suis renseignée sur des maisons d’éditions moins importantes ou plus spécialisées. Dans les rayons d’une librairie, je suis tombée sur la collection Mosaïc  et, de fil en aiguille, sur HQN.

 

Pourriez-vous donner quelques conseils à un auteur débutant ?

L’histoire et les personnages avant toute chose. Le style est important mais il ne l’est que s’il vient servir l’histoire. Par ailleurs, et peut-être étrangement, une certaine véracité me semble nécessaire. Je me souviens d’un échange que j’avais eu avec un ami, auteur lui aussi. Il me disait que nous ne devrions écrire que sur ce que nous connaissons. Je suis en partie d’accord. Dans une fiction, les émotions doivent être vraies, pas les événements, pas les faits, pas les personnages, mais ce que l’on tente de faire ressentir aux lecteurs doit partir d’un fond de vérité, même si celle-ci a été transformée, métamorphosée, déplacée, métaphorisée. À mon sens, par exemple, on ne peut parler d’amour si l’on n’a pas soi-même beaucoup aimé, de trahison si on n’a pas été soi-même trahi ou témoin d’une trahison.C’est une question d’honnêteté envers soi et ses lecteurs.

■ Quels sont vos auteurs préférés et quel est le dernier livre que vous avez acheté avant de répondre à cette interview ?

En langue française, Marie Ndiaye et notamment Trois Femmes Puissantes.

En langue anglaise, Chimamanda Ngozi Adichie, notamment Americanah.

À l’aéroport, avant de prendre l’avion, j’ai acheté le dernier Paulo Coelho en anglais : Adultery. Je n’avais jamais lu cet auteur, pas même l’Alchimiste mais je suis toujours curieuse quand un auteur homme relève la gageure de s’immiscer dans la tête d’une femme et tente de la faire parler à la première personne.C’est le cas dans ce roman. Je n’ai pas été totalement convaincue par ce personnage féminin, mais il y a quelques très beaux passages philosophiques sur le retour de Saturne, l’Amour et le sens de la vie. Je retiens particulièrement la scène finale qui prend, pour le personnage, la valeur d’une révélation, d’une épiphanie. Cet auteur m’a donné envie de lire d’autres de ses livres :Brida qui semble aborder le thème des âmes sœurs, sujet qui m’intéresse ou The Devil& Miss Prym sur la tentation du Mal.  
                      

III - VOTRE PORTRAIT CHINOIS EN 10 QUESTIONS

Si vous étiez...
Un animal ? Un oiseau, migrateur de préférence, qui ne connaisse ni visas, ni frontières.
Une couleur ? Le noir, parce qu’il est la somme de toutes les couleurs, que je les aime toutes, et que je ne saurais choisir.
Le titre d'un film ? L'important c'est d'aimer
Une devise ? « Tout ce qui ne tue pas, rend plus fort. »
Un(e) acteur(trice) ? Romy Schneider dans Max et les Ferrailleurs. Matthias Schoenaerts dans De Rouille et d’Osou Bullhead.
Un personnage historique ? Pas facile de répondre car pas facile de faire la part des choses entre la personne et le personnage mais je dirais Nelson Mandela, pour sa force, sa résistance, son humanité. J’ai aussi récemment lu l’autobiographie de Malcolm X et j’ai été frappée par sa capacité de remise en question, l’examen de conscience auquel il se soumettait sans cesse, l’évolution de ses idées. Une existence trop tôt achevée.
Un paysage naturel ? Le ciel, la mer et une falaise.
Un héros de littérature ou BD ? Question très difficile. Peut-être, la jeune fille de l’Amant de Marguerite Duras.
Une chanson ? Encore plus difficile. Je vais me tourner vers l’enfance où les émotions sont les plus pures et dire Là-bas de Jean Jacques Goldman.
Une œuvre d’art ? Une sculpture, sans doute : Le baiser de Rodin, par exemple.

IV - VOTRE BIBLIOGRAPHIE HQN

V - LES MOYENS DE VOUS CONTACTER

Blog ou site officiel : https://www.isabellecastelli.wordpress.com/

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Instagram: https://www.instagram.com/isabellecastelli/


Merci Isabelle !

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