Béatrice B Inscrite depuis le 17 janvier 2020
Candide
Badges obtenus par Béatrice B
Derniers badges obtenus
  • Bienvenue
    Bienvenue dans la Salon Harlequin ! Un espace privilégié pour parler d’amour et échanger entre lectrices !
Ses derniers avis
  • Son avis sur

    "Ce roman débute sous la forme d’échanges épistolaires entre deux voisins qui ne se sont jamais croisés, mais qui, malgré tout, ne se font aucun cadeau. Entre crasses verbales et coups bas, on se retrouve dès le départ plongé dans un univers contemporain digne de La guerre des Roses. Chacun se met à guetter sa boite aux lettres, dans l’attente d’un retour de l’autre.

     

     

    « Elle lut et relut cette petite phrase. D’un ton jovial. À haute voix. Voilà qui avait dû remettre cet énergumène à sa place. […] Et elle en avait maté de plus coriaces que çà. » P.17

     

    Et puis, de fils en aiguilles, de taquineries coquines jusqu’à des échanges à la limite de la méchanceté, les deux personnages du roman vont finir par être pris à leur propre jeu. Cette mascarade de voisinage, cette espièglerie désorientée fera naître chez eux des sentiments nouveaux et des plus bouleversants.  

    « Je me permets de vous embrasser, mon cher voisin, car malgré votre méchanceté j’aime vous lire. Vous m’émouvez. Sylvie Descartes. Votre obligée. » P.24

    Pourquoi il ne faut pas tuer (tout de suite) son voisin est le genre de roman qui, dès le titre, vous interpelle. Qui n’a jamais eu à subir les frasques d’un voisinage bruyant, envahissant ou moralisateur ? Vivre en société, c’est également affronter les tempéraments bien particuliers et parfois trempés de certaines voisines ou de certains voisins. Et pourtant, la vie se charge parfois de vous faire découvrir une personne sous un autre angle. Et c’est peut-être pour cela qu’il vaut mieux de pas tuer (tout de suite) son voisin. Qui sait ?

    « Elle lut. Relut. Fut gênée. Frustrée. Se sentit désarmée. Touchée. Coulée. Elle s’arrêta en particulier sur la partie du drame fondateur dont il parlait. Ce coup du sort qui l’avait totalement transformée. Car il y en avait bien un, en réalité. » P.43

    Plus vous avancez dans la lecture de ce roman, plus vous découvrez les vrais tempéraments de Sylvie et d’Henri. Ces deux-là, qui semblaient tellement intouchables de prime abord, dans leurs bulles de protection respectives et imperméables, sont finalement enclins à une profonde sensibilité.

    Les plumes souvent aiguisées, des fois incisives, et toujours pertinentes des deux auteures permettent aux lectrices et aux lecteurs de passer un moment mémorable. La petite touche de plus, c’est indéniablement ce voyage inopiné en terre africaine, au pays de la Teranga. La surprise des cheffes !

    Bravo aux auteures et belle lecture à vous."

    La note des lectrices
    Sa note
  • Son avis sur

    "Dès le titre, on se doute d’ores et déjà que ce mélange de tempéraments va créer une ambiance détonante, voire explosive. « C’était pas censé se passer comme ça » serait un roman qui ferait une excellente adaptation au cinéma. En un mot, je me suis délectée de l’humour souvent caustique d’Ève Borelli. Je la lisais ici pour la première fois et je peux vous assurer que ce ne sera pas la dernière fois. Ça claque, ça swingue - parfois à la frontière du burlesque- mais on avale les pages à la vitesse grand V. Pas le temps de s’ennuyer ou de souffler. La cadence soutenue est donnée par l’auteure et il faut réussir à la suivre.

     

    À mes yeux, nous sommes ici dans une pure comédie à la française, avec des personnages qui semblent inébranlables, installés dans leur zone de confort quotidienne jusqu’à ce que le masque des apparences commence à se fissurer, jusqu’à craquer. Certains de leurs actes pourront paraitre démesurés, mais comme on dit en France : « Aux grands maux, les grands remèdes ! ». Et finalement, dans cette famille, tout le monde semble décidé à guérir, une bonne fois pour toutes.

    Eve Borelli instaure une ambiance pittoresque, à la fois slave et sudiste, dans son roman. Nous sommes dans le sud de la France, mais dans une famille qui, grâce à Mamouchka, a conservé ses us et coutumes russes. Des cocottes en papier aux plats culinaires, en passant par le verre de vodka en guise de bienvenue, ou les expressions russes que vous trouverez dans le texte, votre immersion dans le monde des Stradavine sera totale !

    Parlons une fois encore de l’humour décapant de l’auteure, car dans ce roman, vous en aurez à revendre. Par exemple, lorsque Renata se parle à elle-même, elle s’adresse à son « Freud intérieur », mais ce dernier ne calme en rien son mental.

    « « Méfiez-vous des mamies. Avec leurs petites mines fripées, leurs tricots faits main et leurs sourires édentés et affables, ces vieilles dames ont un pouvoir supérieur : celui d’inspirer confiance et donc, de tirer les vers du nez de n’importe qui. Elles sont redoutables. Redoutables. Un jour, elles domineront le monde. » Mon Freud intérieur. »P.119

    Cette écorchée vive, qui, tous les jours, s’évertue à soigner l’état psychologique perturbé de ses patients, a, vis-à-vis d’elle-même, du pain sur la planche. Entre sa difficulté à s’installer paisiblement dans sa vie de couple et son blocage obsessionnel au sujet d’une potentielle future grossesse, elle apporte beaucoup à l’univers des Stradavine.

    « La culpabilité m’étreint à nouveau. Comment réagira-t-il quand je lui annoncerai la terrible nouvelle de mon non-désir-d’enfant ? Peut-être qu’il fera semblant de se montrer détaché… ou qu’il ne cachera pas sa déception. Il pourrait partir en claquant la porte, lassé de mes tergiversations et de mes peurs, ou essayer de me convaincre en m’exhortant à dépasser mes traumatismes. Dieu tout-puissant… Tentera-t-il de me psychanalyser ? » P.49

    Quant à Léo, entre ses références à Cyrano (à cause de son nez qui serait soi-disant trop long, dixit ses parents) et au monde merveilleux de Disney auquel elle ne peut s’empêcher de faire référence dans un coin de sa tête, elle nous offre de purs instants toniques et piquants !

    « ̶  Excroissance ? Presqu’île ? Protubérance ? complété-je d’une voix hystérique. Cette CANNE ? Vodka ? Bouffée de chaleur à cause du radiateur qui tourne à plein régime juste à côté de moi ? Rage refoulée qui explose comme un geyser trop longtemps contenu ? J’ai l’impression de me transformer en Jafar quand il devient Génie du mal lorsque je conclus dans une envolée jubilatoire :

    ̶  MAMAN ? TU SAIS QUOI ? VA TE FAIRE CUIRE UN PUTAIN D’ŒUF AU PÔLE NORD ! » P.43

    Bref, vous l’aurez compris, j’ai passé un excellent moment en compagnie des Stradavine (qui m’ont un peu rappelé la Famille Malaussène de Daniel Pennac), et même si au départ, C’était pas censé se passer comme ça, au final, dans la vie, il faut s’attendre à tout!"

    La note des lectrices
    Sa note
Sa sélection de livres
Ses derniers messages sur le forum
Derniers sujets Messages Derniers messages